L’azithromycine chez les patients hospitalisés atteints de la Covid19 (Recovery): Une plateforme d’essai clinique ouverte, contrôlée et randomisée

The Lancet
FEV
2021

Article paru le 2 Février 2021 dans le journal «  The Lancet ». 

Etude menée : Au Royaume Uni dans le cadre de la plateforme d’essai clinique ouverte, contrôlée et randomisée (Evaluation randomisée du traitement contre la Covid19 « Recovery »).

Pourquoi l’azithromycine ?

Les antibiotiques de la classe des macrolides, tels que l’azithromycine, la clarithromycine et l’érythromycine, sont largement disponibles et leur sécurité est bien établie. 

En plus de leur effet  antibactérien, ils sont connus pour avoir des propriétés immunomodulatrices avec une diminution de la production de cytokines pro-inflammatoires (En effet, ils ont été largement utilisés à la fois dans la pneumonie bactérienne  ainsi que dans les pneumopathies inflammatoires chroniques. )

De plus, l’azithromycine a une activité antivirale in vitro et inhiberait la réplication du SARS-Cov2 dans les cellules Vero et dans les cellules épithéliales humaines à des concentrations obtenues dans le tissu pulmonaire avec une dose de 500 mg une fois par jour.

Cependant, les essais cliniques n’ont jusqu’à présent pas montré de bénéfice convaincant de l’utilisation des macrolides dans la COVID19.

Méthodes

  • Nombre de patients : Total de 7763 patients avec 2582 ayant reçu l’Azithromycine et 5181 ayant reçu le traitement standard seul.
  • Moyenne d’age : 65 ans 
  • Sexe ratio : 38% Femmes

Résultats

  • 561 (22%) des patients affectés à l’azithromycine et 1162 (22%) des patients affectés aux soins habituels sont décédés dans les 28 jours.
  • Aucune différence significative n’a été observée concernant la durée du séjour à l’hôpital (médiane 10 jours [IQR 5 à> 28] vs 11 jours [5 à> 28]) ni dans la proportion de patients sortis de l’hôpital vivants dans les 28 jours.
  • Parmi ceux qui n’étaient pas sous ventilation mécanique invasive au départ, aucune différence significative n’a été observée concernant le risque de passage à la ventilation mécanique ni concernant le taux de mortalité.
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Discussion

l est donc important de souligner que chez les patients atteints de formes modérées à sévères de COVID-19, qui seraient à risque de développer une surinfection bactérienne, il n’y a pas de bénéfice clinique à introduire l’azithromycine dans le protocole de traitement. 

 

Cette absence d’effet significatif pourrait témoigner d’un taux relativement faible de surinfection bactérienne secondaire chez les patients atteints de COVID-19 ou de l’utilisation généralisée d’antibiotiques β-lactamines ou d’autres antibiotiques, qui auraient pu limiter l’effet antibactérien de l’azithromycine dans cet essai.

 

Ainsi, bien que nous n’ayons détecté aucun impact négatif sur une échelle individuelle sur les patients recevant de l’azithromycine, il y a un risque de préjudice au niveau sociétal en raison de l’utilisation généralisée des agents antimicrobiens. En effet, l’azithromycine est classée dans le « WHO Watch group of antibiotics » (c’est-à-dire les antibiotiques qui ont un potentiel de résistance élevé et qui doivent être priorisés comme cibles clés des programmes de gestion des antimicrobiens).

Conclusion

Pour les patients admis à l’hôpital atteints de COVID-19, l’azithromycine n’a pas amélioré la survie ni les autres résultats cliniques prédéfinis. (passage à la ventilation mécanique, durée de séjour à l’hôpital ).

 

Ainsi, l’utilisation de l’azithromycine chez les patients admis à l’hôpital avec COVID-19 doit être restreinte aux patients pour lesquels il existe une indication antimicrobienne claire.

 

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