La vaccination contre la grippe dans le contexte particulier de la pandémie covid-19

Instance Nationale de l'Évaluation et de l'Accréditation en Santé
Nov
2020

Ces informations ont été collectées de la revue systématique de la littérature et des recommandations élaborées par la Direction de l’Evaluation des Interventions et Technologies de Santé de l’INEAS parues le 17 Novembre 2020. 

Quel est l’intérêt de la vaccination contre la grippe particulièrement dans le contexte pandémique COVID-19 ?

En plus de réduire la mortalité et la morbidité imputables à la grippe, la vaccination contre la grippe au cours de la pandémie COVID-19 permettrait de minimiser l’impact négatif de la grippe ainsi que la pression sur le système de santé déjà surchargé par la crise sanitaire et d’optimiser la consommation des ressources.

Quelles sont les populations à prioriser lors de cette campagne au vu du contexte pandémique et compte tenu de la quantité limitée de vaccins disponibles ?

Tous les groupes prioritaires pour la vaccination antigrippale préalablement définis en dehors du contexte pandémique sont toujours d’actualité avec un changement de l’ordre des priorités comme suit :

  • Les groupes les plus prioritaires : le personnel de santé (selon la priorisation décrite par l’OMS : Annexe 1) ainsi que les personnes âgées (> 65 ans), notamment celles présentant plusieurs comorbidités (diabète, HTA, asthme et autres maladies cardiaques ou pulmonaires chroniques, etc.) suivies de celles présentant une seule comorbidité.
  • Les autres groupes à risque sans ordre particulier : les femmes enceintes (et les femmes en post-partum jusqu’à 2 semaines après l’accouchement), les personnes atteintes de maladies chroniques, la population pédiatrique entre 6 mois et 5 ans (surtout entre 6 mois et 2 ans), les personnes obèses avec un IMC >= 40 kg/m2 et les pèlerins pour Omra et Hajj.

La vaccination contre la grippe chez les personnes atteintes de COVID-19

La vaccination antigrippale chez les personnes atteintes de COVID-19 à leur sortie de l’hôpital pourrait augmenter la couverture vaccinale chez les personnes présentant un haut risque de complications liées à la grippe. Toutefois et à notre connaissance, il n’existe pas à ce jour de données sur la sécurité, l’immunogénicité ou l’efficacité des vaccins antigrippaux chez les personnes atteintes de COVID-19 permettant de déterminer le moment optimal de la vaccination antigrippale, notamment chez celles atteintes d’une forme grave ou critique ayant nécessité un traitement anti-inflammatoire à courte durée d’action (par exemple, la dexaméthasone) ou des immunomodulateurs à longue durée d’action.

 

Les cliniciens devraient envisager de retarder la vaccination antigrippale des patients atteints (ou suspectés) de COVID-19 jusqu’à leur guérison afin de réduire le risque de transmission aux vaccinateurs. Si la vaccination contre la grippe est retardée chez ces personnes, il convient de rappeler aux patients de revenir se faire vacciner contre la grippe après s’être remis de leur maladie aigue.

Priorisation du personnel de santé selon l’OMS

L’OMS a proposé en 2019 une approche de priorisation du personnel basée sur la classification du risque encouru par les patients :


  • Risque très élevé :

Le personnel exerçant dans les services cliniques admettant des patients courant un risque élevé de maladie grave, de complications ou de décès suite à une infection grippale.

  • Risque élevé :

      • Les membres du personnel ayant un contact physique direct et prolongé avec les patients ou avec des substances infectieuses ; notamment des surfaces ou des équipements contaminés par des substances infectieuses.
      • Les membres du personnel n’ayant pas de contact physique avec les patients, mais susceptibles de contracter ou de transmettre des maladies qui se propagent à faible distance (1–2 m) par voie respiratoire.
  • Risque moins élevé :

Les membres du personnel n’ayant pas de contact avec les patients.